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« Pour Saluer Jean Velliot » un eBook de G. Canal

« Pour Saluer Jean Velliot »

 peintre (1920-1999)

Un ouvrage pour découvrir une personnalité et une œuvre d’une richesse et d’une singularité étonnantes

jean velliot

Jean Velliot , Photographie extraite de la plaquette « Jean Velliot », Elisabeth Brunet & Plein Chant, 1993 Chevelure épaisse et ondulée d’un noir de geai, nez fortement aquilin, regard noir brillant de malice et d’intelligence, pommettes marquées dont les plis viennent encadrer une bouche large toujours prête au sourire et au rire sonore comme un coup de cymbale. « Ma gueule de Métèque » ironisait-il, en se référant à la chanson de Georges Moustaki.

 Jean Velliot (1920-1999), parisien puis dieppois d’adoption, a construit une œuvre picturale d’une richesse et d’une singularité étonnantes par ses thèmes, son style et sa portée. Elle se caractérise par une mise à distance qui génère toutes les formes du comique : facétieux, parodique, burlesque, grotesque, satirique ; surgissent cependant parfois, en contrepoint, des accents de « la bonne chanson » verlainienne ; une nostalgie des bonheurs simples, souvent éphémères. Le langage joue un rôle essentiel, particulièrement sous l’angle du rapport qui s’établit entre l’œuvre et son titre : Jean Velliot joue sur les expressions, les adages, les sens figurés en les revivifiant par des détournements, des associations inédites qui surprennent, intriguent, suscitent de nouvelles significations. Jean Velliot aime aussi, comme Anouilh, Giraudoux et Cocteau, à revisiter les mythes et il multiplie les clins d’œil complices à l’histoire de la peinture.

Il ne s’agit pas d’un jeu brillant et gratuit, l’artiste porte un regard lucide et sans concession sur la société. A l’échelle collective, il fait un portrait au vitriol de tous les pouvoirs, par nature corrompus et corrupteurs, comme agents de décomposition des êtres et des rapports sociaux. Au plan individuel, le règne des objets et des habitudes désincarne et renvoie au vide existentiel. L’œuvre de Jean Velliot entre en résonance fraternelle avec celles d’auteurs comme Jean Anouilh, Emil Cioran ou Louis-Ferdinand Céline, Ils partagent, avec les nuances qui s’imposent, un pessimisme profond sur l’homme, son existence, sa destinée et sur le monde. S’y ajoute l’humour, sarcastique et véhément pour Céline, satirique et grinçant pour Anouilh, ironique et ciselé pour Cioran. Ils sont les miroirs de Jean Velliot et de la part majeure de son œuvre. Quant à la peinture, on peut percevoir des affinités avec le surréalisme de Paul Delvaux et certaines œuvres des courants post- expressionnistes allemands (George Grosz, Otto Dix).

Jean Velliot est authentiquement, radicalement subversif à la différence des « iconoclastes » de l’art contemporain, choyés par le Système, représentants d’un nouvel académisme, leur « subversion » n’étant autre chose que l’orthodoxie même du pouvoir. Jean Velliot est un dur, un coriace du genre « Tontons flingueurs » ; il ne biaise pas, ne transige pas et « disperse façon puzzle » les idoles du siècle avec un sourire gourmand à la Bernard Blier.

Cet essai, le premier consacré à Jean Velliot, se propose d’apporter un éclairage sur le lien organique entre l’artiste et son œuvre. Une œuvre originale et forte qui mérite d’élargir son audience.

Les atouts de cet ouvrage : une présentation claire et agréable à l’œil ; son iconographie, 43 reproductions d’œuvres ; une grande facilité de circulation grâce à de nombreux liens internes ; table des matières, table des illustrations, notes numérotées dans le corps du texte avec renvois en fin de volume ; outre les notes, des références bibliographiques et des liens vers internet pour prolonger et enrichir la lecture.

(Texte de la quatrième de couverture). © Gérard Canal 2015

Auteur : Gérard Canal

Titre : Pour saluer Jean Velliot- peintre (1920-1999)

Sous titre : Fantaisies à la manière d’Anouilh, Céline et Cioran

Parution: septembre 2015

Livre numérique (eBook) en vente sur la plate-forme YouScribe, sur la plate-forme Kobo et sur le site de la FNAC au prix de 3,99 €

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Jean Velliot: « Dernière Heure »

Jean Velliot: « Dernière Heure »: cataclysme ou métaphore?

73×60, Musée International d’Art Naïf de Vicq, tableau présenté sur le site jean velliot .

Jean Velliot "Dernière Heure"

Scène nocturne d’un surréalisme macabre, teinté d’humour noir. Tout dort dans les immeubles aux volets clos, ce qui fait ressortir l’incongruité de la scène: près d’un arbre mort, un squelette assis sur un banc tient encore en main un journal titré ironiquement « Dernière Heure« , à ses pieds repose le squelette de son chien. On peut aussi imaginer que tout est mort depuis longtemps dans une « ville- fantôme » à la suite d’un mystérieux et apocalyptique événement. On songe à Pompéi et aux dormeurs, ensevelis brutalement sous les tonnes de cendres brûlantes, dont on peut voir les moulages d’un réalisme saisissant ou à un film fantastique ou de science-fiction. Mais Jean Velliot inscrit son œuvre dans le registre de la dérision; la métaphore de la routine qui « tue » est restituée littéralement. « Dernière heure » était le cri des vendeurs de journaux ambulants (activité disparue depuis longtemps) qui tentaient de convaincre le client potentiel d’acheter la dernière édition du journal comportant les développements nouveaux et « sensationnels » d’un événement en cours. Or quelle peut-être l’importance de cette information de « dernière heure » quand  la dernière heure a sonné pour le lecteur? A moins que ce ne soit cette annonce même de la mort imminente qui fasse la Une du journal! « Vanité des vanités, tout est vanité«  proclame d’emblée l’Ecclésiaste

Jean Velliot: « La peur du vide »

Jean Velliot

« La peur du vide » ou les vertiges du modernisme

jean velliot

« La peur du vide« , 73×60, huile, Musée international D’Art Naïf, tableau présenté sur le site www.jeanvelliot.com. Une jeune femme nue est assise sur la rambarde d’une passerelle qui enjambe une avenue dans un paysage new-yorkais des années trente (autobus, camions, costumes). S’apprête-t-elle au suicide dans la nudité de la naissance? Notons le gros nœud rose qui orne la chevelure, motif récurrent chez Velliot, symbole d’une innocence primordiale anéantie ou pervertie par la civilisation. Remarquons également le traitement de la perspective : d’une part, le point de fuite place emblématiquement le sexe de la jeune femme au centre du tableau; d’autre part, la passerelle est à la hauteur du premier étage de l’immeuble, les passants sur le trottoir sont à cette échelle, mais la taille très réduite des véhicules crée une rupture donnant une idée de grande hauteur et de vertige. Par cette audace, le peintre associe dans un oxymore pictural, la proximité du monde et simultanément son éloignement, propre à traduire l’angoisse existentielle qui caractérise l’époque moderne (on songe à Kafka). On peut se référer par contraste à la célèbre photo du début des années trente « Déjeuner en haut d’un gratte-ciel », apologie du défi conquérant du capitalisme triomphant sous sa forme architecturale puisqu’elle fut à l’origine conçue comme publicité pour le Rockefeller Center.