Jean Velliot: « La peur du vide »

Jean Velliot

« La peur du vide » ou les vertiges du modernisme

jean velliot

« La peur du vide« , 73×60, huile, Musée international D’Art Naïf, tableau présenté sur le site www.jeanvelliot.com. Une jeune femme nue est assise sur la rambarde d’une passerelle qui enjambe une avenue dans un paysage new-yorkais des années trente (autobus, camions, costumes). S’apprête-t-elle au suicide dans la nudité de la naissance? Notons le gros nœud rose qui orne la chevelure, motif récurrent chez Velliot, symbole d’une innocence primordiale anéantie ou pervertie par la civilisation. Remarquons également le traitement de la perspective : d’une part, le point de fuite place emblématiquement le sexe de la jeune femme au centre du tableau; d’autre part, la passerelle est à la hauteur du premier étage de l’immeuble, les passants sur le trottoir sont à cette échelle, mais la taille très réduite des véhicules crée une rupture donnant une idée de grande hauteur et de vertige. Par cette audace, le peintre associe dans un oxymore pictural, la proximité du monde et simultanément son éloignement, propre à traduire l’angoisse existentielle qui caractérise l’époque moderne (on songe à Kafka). On peut se référer par contraste à la célèbre photo du début des années trente « Déjeuner en haut d’un gratte-ciel », apologie du défi conquérant du capitalisme triomphant sous sa forme architecturale puisqu’elle fut à l’origine conçue comme publicité pour le Rockefeller Center.

Une réflexion au sujet de « Jean Velliot: « La peur du vide » »

  1. Bonjour, bravo pour votre article très captivant! Je suis de suisse et je suis attiré par ce sujet. Grâce à votre site que je viens découvrir au hasard d’un surf, je vais en apprendre davantage. Amicalement.

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